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Train Bordeaux-Langon : 641 heures de coupure en 2027, et les abonnés s’en vont

today26 octobre 2026

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Vie locale · 26 octobre 2026

De janvier à juillet 2026, la ligne Bordeaux-Langon a perdu 11,2 % de ses voyageurs réguliers, selon SNCF Voyageurs. Aucune amélioration de sa desserte n’a été présentée. Et SNCF Réseau prévoit 641 heures de coupure pour travaux en 2027. Ces chiffres ont été présentés lundi 26 octobre à Bordeaux, au comité de lignes du RER métropolitain.

2026 : moins d’abonnés, des trains moins réguliers

De janvier à juillet 2026, la ligne Bordeaux-Langon-Agen a transporté 9 115 voyageurs par jour en moyenne, selon SNCF Voyageurs. C’est 3,9 % de moins que sur la même période de 2025. Les voyageurs réguliers, abonnés à la semaine, au mois ou à l’année, reculent de 11,2 %. Les voyageurs occasionnels progressent de 3,2 %.

Le mouvement s’inverse. En 2024, la fréquentation de la ligne avait progressé de 9,3 %, selon la Région.

Courbes de fréquentation 2024, 2025 et 2026 de la ligne Bordeaux-Langon-Agen, en baisse depuis 2024
Graphique REM d’après SNCF Voyageurs, comité de lignes du 26 octobre 2026.

Sur les sept premiers mois de 2026, 84,8 % des trains sont arrivés à l’heure, à moins de six minutes près. L’objectif fixé par la Région est de 94 %. Et 9 % des trains prévus ont été supprimés, dont 3,3 % à cause des travaux.

Pour l’ensemble des lignes, Bertrand Gosselin, directeur régional de SNCF Voyageurs, cite les tempêtes, le givre, cinq vagues de canicule et les incendies de 2026. Il évoque aussi une conjoncture économique peu favorable aux déplacements.

Une usagère de la ligne du Médoc avance une autre explication. Selon elle, des voyageurs réguliers renoncent à l’abonnement et achètent leurs billets au dernier moment, « parce que c’est le seul moyen de ne pas perdre trop d’argent » face aux suppressions de trains. Son constat rejoint les chiffres de la ligne de Langon : moins d’abonnés, plus de voyageurs occasionnels. La SNCF n’a pas repris cette explication.

Pas de nouveauté pour Langon

Dans la partie « perspectives du service » de sa présentation, la Région indique pour la ligne de Langon : « pas de modification de service ». Seule la ligne du Médoc a changé, depuis le 31 août, avec des navettes supprimées et des trains prolongés jusqu’à Bordeaux. Aucun train supplémentaire n’a été présenté pour la ligne de Langon.

Trois nouvelles rames à deux étages ont toutefois été affectées à la ligne en 2026, selon la même présentation. Elles offrent plus de places assises.

Des coupures dès le 11 novembre 2026

SNCF Réseau poursuit les travaux au sud de Bordeaux, à Bègles, Villenave-d’Ornon, Cadaujac et Saint-Médard-d’Eyrans. Une troisième voie y est construite. Ces chantiers imposent des interruptions de circulation sur la ligne Bordeaux-Langon.

D’ici la fin 2026, deux coupures sont prévues, selon SNCF Réseau :

  • du mercredi 11 au dimanche 15 novembre 2026, pendant 96 heures ;
  • du samedi 5 au dimanche 6 décembre 2026, pendant 36 heures.

En 2027, dix autres coupures suivront. La plus longue dure 217 heures, soit plus de neuf jours, du mercredi 10 au vendredi 19 novembre 2027. En tout, SNCF Réseau prévoit 641 heures de coupure en 2027.

Barres des douze coupures de la ligne Bordeaux-Langon fin 2026 et en 2027, de 11 à 217 heures
Graphique REM d’après SNCF Réseau, comité de lignes du 26 octobre 2026.

La demi-heure, toujours promise, sans date ferme

Aujourd’hui, entre Saint-Mariens et Langon, la Région « essaie de tenir » un train toutes les 40 à 45 minutes aux heures de pointe, selon Renaud Lagrave, vice-président de la Région chargé des mobilités. Entre Libourne et Arcachon, un train passe déjà toutes les demi-heures.

Interrogé par REM lors du point presse précédant la réunion, l’élu maintient l’objectif de la demi-heure aux heures de pointe pour Langon. Elle arrivera « à l’issue » d’une partie des travaux au sud de Bordeaux, sans préciser laquelle. « On persiste et on signe », affirme-t-il. Pendant la réunion, il a parlé d’une échéance « 2028-2030 ».

Le train direct Langon-Saint-Mariens, sans changement à Bordeaux, viendra « dans les deux ou trois ans qui viennent, j’espère », selon lui. Il admet un possible retard. Pour ce train direct, il faut pouvoir faire repartir les trains en sens inverse à Langon. Ces aménagements ne seront pas faits dans les délais prévus, faute d’argent, selon l’élu.

En septembre, Jérôme Guillem, maire de Langon, avait présenté les chiffres de sa gare : 998 011 voyageurs en 2025. Le site du RER métropolitain annonce le début des travaux du pôle d’échanges de la gare au second semestre 2028. Nous avions détaillé ces annonces dans notre article sur la mobilité à Langon.

La feuille de route du RER métropolitain, adoptée en 2018, s’achève en 2028. Selon Renaud Lagrave, il faudra « certainement » en écrire une nouvelle. La présentation de la Région précise qu’une réorientation est déjà à l’étude. L’élu veut alors viser un train tous les quarts d’heure aux heures de pointe. « Je vais faire hurler tout le monde », reconnaît-il, en raison du coût.

« Oui, on fait des augmentations »

Renaud Lagrave dénonce une baisse des moyens de la Région. Selon lui, l’État a réduit ses dotations de 150 millions d’euros en 2025, puis de 150 millions en 2026, et prévoit 100 millions de moins en 2027.

En 2025, la Région a payé 88,5 millions d’euros de péages à SNCF Réseau pour faire rouler ses trains, et 43,4 millions à SNCF Gares & Connexions pour l’usage des gares. Les billets lui ont rapporté 142 millions d’euros, pour 624 millions de dépenses.

« En l’état actuel des choses, oui, on fait des augmentations », a déclaré Renaud Lagrave. Il n’a donné ni montant, ni date. Selon lui, elles concernent les abonnés comme les voyageurs occasionnels. « C’est pas de gaieté de cœur », a-t-il ajouté.

La Région hausse le ton contre la SNCF

Le taux de trains supprimés n’est pas « dans les clous » du contrat signé avec SNCF Voyageurs, selon Renaud Lagrave. Lors du point presse, il a menacé l’exploitant de « pénalités financières ». « On l’a déjà fait », a-t-il rappelé : la Région est déjà allée « jusqu’à ne plus payer la SNCF ». Ces menaces visaient d’abord la ligne du Médoc, la plus en difficulté.

Pendant la réunion, l’élu a plusieurs fois renvoyé les questions des usagers vers les directeurs de la SNCF présents. « Je veux bien être responsable de beaucoup de choses jusqu’à un certain point », a-t-il glissé. Trains supprimés à Bassens, trains du matin disparus dans le Médoc, bilan de la garantie fiabilité : Bertrand Gosselin n’avait pas les chiffres. Il a promis de revenir vers les intéressés.

La garantie fiabilité rembourse en partie les abonnés annuels en cas de retards répétés. Son bilan figurera dans le compte rendu de la réunion, « comme ça il servira à quelque chose », a tranché Renaud Lagrave.

L’information des voyageurs « date d’un autre âge », selon lui. La Région va donc la reprendre elle-même, pour suivre en temps réel chaque train et chaque car.

Avec SNCF Réseau, qui gère les voies, le désaccord porte sur l’argent. La Région paie des péages pour faire rouler ses trains, mais ne siège pas au conseil d’administration de SNCF Réseau. « Nous on est les cochons de payeurs », résume l’élu.

Le ton est aussi monté avec le public. Un élu du Médoc a reproché à Renaud Lagrave de ne pas répondre aux questions. Un usager des lignes d’Arcachon et du Médoc lui a lancé : « Votre discours, je ne le supporte plus. » L’élu régional n’a pas esquivé. « J’ai pas l’habitude de m’échapper », a-t-il répondu. Puis : « Vous allez de toute façon pas être heureux, ni contents, de ma réponse. » Et encore : « Je me mets à votre place. » Sur plusieurs points, il a donné raison aux usagers : « Je partage votre avis. » Sa colère, il l’a gardée pour l’État et la SNCF.

Arbanats veut plus qu’une halte

Fabrice Reynaud, premier adjoint au maire d’Arbanats, a pris la parole. Selon lui, peu de trains s’arrêtent dans sa commune. Les habitants prennent leur voiture pour rejoindre les gares de Beautiran ou de Cérons, à environ 7 kilomètres, déjà saturées. La route départementale 1113 voit passer 13 000 à 14 000 véhicules par jour dans le village, a-t-il précisé.

Entre la départementale et la gare se trouvent 5 à 6 hectares de vignes abandonnées. Le terrain appartient à des propriétaires privés. Dans le plan d’urbanisme en préparation à l’échelle de la communauté de communes, la commune a obtenu que 5 000 mètres carrés soient réservés à un futur aménagement. Elle y voit la place d’un parking pour soulager les gares voisines. Renaud Lagrave l’a orienté vers un projet de pôle d’échanges avec la Région, l’intercommunalité et SNCF Gares & Connexions.

Le car express de Beautiran démarre lentement

La ligne de car express 480, entre Beautiran et Le Haillan, a ouvert en septembre 2025. Depuis la rentrée 2026, elle transporte 210 voyageurs par jour d’école, selon la Région. C’est la moins fréquentée des cinq lignes de car express de Gironde. Celle de Créon, ouverte en 2019, dépasse les 1 000 voyageurs par jour.

Selon Renaud Lagrave, la ligne de Beautiran est « peut-être moins connue ». La Région prévoit de mieux la faire connaître avec les communes.

La vidéo de la réunion est mise en ligne le lendemain sur la plateforme de concertation de la Région. Les usagers peuvent y déposer un avis jusqu’au 2 novembre 2026.

Sources : point presse et comité de lignes du RER métropolitain, Région Nouvelle-Aquitaine, SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions, 26 octobre 2026 ; compte rendu du comité de lignes 2025 ; plateforme participez.nouvelle-aquitaine.fr ; transports.nouvelle-aquitaine.fr ; projet-rer-m.fr.

Écrit par: Cédric Labarbe

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