Langon : la gare frôle le million de voyageurs, bus, vélos et covoiturage suivent
today21 septembre 2026

Actualité locale · 21 septembre 2026 · Mis à jour le 22 septembre 2026
La gare de Langon a accueilli 998 011 voyageurs en 2025, 30 % de plus qu’en 2019, avant le Covid. Le maire, Jérôme Guillem, l’a annoncé lundi 21 septembre, lors d’un point presse organisé pour la Semaine européenne de la mobilité. Des études vont être lancées pour rendre la gare accessible à tous.
998 011 voyageurs en 2025
Selon les chiffres de la SNCF transmis à la Ville, la gare comptait 768 352 voyageurs en 2019. La fréquentation est tombée à 533 010 en 2020, avec les confinements. Elle n’a cessé de remonter depuis, jusqu’à 998 011 voyageurs en 2025.
D’après le maire, les études prévoyaient le million de voyageurs dans une quinzaine d’années. « On y a été plus vite que prévu », résume-t-il.
Le nombre de trains a suivi. Du lundi au vendredi, Langon compte environ 61 trains par jour, allers et retours compris, contre 55 auparavant. Il en passe 31 le samedi et 33 le dimanche.
Selon les données communiquées à la Ville, Langon est la 7e gare de Gironde et la 18e de Nouvelle-Aquitaine. La ville compte environ 7 700 habitants, mais une étude de 2024 estimait que 24 000 personnes la fréquentent chaque jour. Beaucoup de voyageurs viennent à Langon en train pour y travailler, se soigner ou étudier.
Des études pour rendre la gare accessible
La gare doit être adaptée aux personnes en fauteuil, aux poussettes et aux voyageurs chargés. Le maire cite en particulier le quai du milieu, le plus étroit. Il dit porter ce dossier depuis 2014.
SNCF Gares & Connexions, la branche de la SNCF qui gère les gares, propose de nouvelles études, pour environ 150 000 euros. L’État en paiera 25 % et SNCF Gares & Connexions 75 %. Les partenaires ont donné leur accord de principe et une convention est en cours de validation.
Ces études compareront deux solutions pour passer d’un quai à l’autre : un passage souterrain ou une passerelle. Leurs conclusions sont attendues début 2027. Les travaux sont visés autour de 2030-2031.
Le maire demande aussi que la gare soit reconnue comme « gare nationale ». Il en a parlé avec la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, lors de sa visite à Langon, le 26 août. Selon la Ville, la préfète s’est engagée à travailler avec lui sur ce sujet. Ce statut n’est pas acquis. Le maire précise qu’il ne réclame pas d’arrêt de TGV.
Un pôle d’échanges autour de la gare
Un pôle d’échanges est un lieu où l’on passe facilement du train au bus, au vélo ou à la voiture. L’État, la Région, le Département, Bordeaux Métropole, la Ville et la SNCF ont signé un accord pour en créer un à Langon. La communauté de communes du Sud-Gironde pilote le projet.
Le site du RER métropolitain prévoit une gare routière, un parking à étages et un parvis plus calme. Le début des travaux y est annoncé pour le second semestre 2028. La même année, une ligne de train doit relier Langon à Saint-Mariens sans changement à Bordeaux.
Jérôme Guillem veut « les solutions les moins coûteuses », pour les collectivités comme pour les habitants. Quatre familles vivent à l’endroit du projet. Le maire refuse de parler d’expropriation : il dit vouloir les accompagner et ne fixe aucune date.
Éviter que les voitures envahissent la ville
« L’objectif n’est pas de transformer le quartier de la gare en immense parking », affirme le maire. Selon lui, des automobilistes se donnent déjà rendez-vous sur le parking de l’hôpital pour partir en covoiturage. Des parkings relais sont à l’étude. On y laisse sa voiture pour prendre le bus ou le train.
Bus gratuits : la gare, premier arrêt de la ville
Sud-Gironde Mobilités organise les transports de trois communautés de communes. Le maire a confié à Clément Bosredon, son adjoint, le suivi de la mobilité pour la ville. L’élu fait le lien entre la Ville, la communauté de communes, la SNCF et les autres partenaires.
Depuis le 1er septembre, Langon compte deux lignes de bus gratuites, B1 et B2, avec plus d’arrêts et plus de passages. Un nouvel arrêt, Chemin Peyrot, dessert le secteur des cabinets médicaux.
En douze mois, la ligne B a compté 41 882 montées. La gare arrive en tête avec 8 428 montées, soit une sur cinq. Suivent les arrêts des quartiers Malraux, Sauzet et Cassin (7 702 montées), puis les zones d’activité de Moléon et Couloumey (5 779).
Ces bus sont payés par le versement mobilité, une taxe versée par les employeurs d’au moins onze salariés. Pour Jérôme Guillem, la gratuité protège le budget des ménages.
Transport à la demande et TUS
Le transport à la demande fonctionne comme un bus sur réservation. Il est gratuit et circule désormais sans interruption de 8 heures à 18 heures.
Le transport d’utilité sociale, appelé TUS, va chercher chez elles les personnes fragiles ou handicapées, sur prescription et à tarif réduit. 24 % de ses trajets partent de Langon et 41 % y arrivent, souvent pour des rendez-vous médicaux.
Vélos, voitures partagées et covoiturage
Langon compte 35 vélos électriques en libre-service, comme nous l’annoncions le 10 septembre. Ils sont répartis entre la gare, le campus, l’hôpital et la place du Général-de-Gaulle. Les zones commerciales n’ont pas encore de station.
Citiz propose deux voitures partagées, réservables avec une application : l’une à la gare, l’autre place Kennedy. Entre janvier et mi-septembre, elles ont été réservées 251 fois, contre 118 fois l’an dernier. Les trajets sont plus courts : les habitants s’en servent davantage au quotidien. Une troisième voiture est à l’étude, selon Emmanuel de Lestrade, du service communication de la ville.
Depuis cet été, les lignes Covoit Modalis proposent du covoiturage sans réservation. La ligne 4 part du parking de covoiturage de l’échangeur n° 3 de l’A62, sur l’arrêt de bus « Langon Péage Ouest ». Elle dessert Mérignac, Pessac et Villenave-d’Ornon.
Le départ est garanti : si aucun conducteur ne se présente dans les 15 minutes, un autre transport gratuit prend le relais. Le trajet est gratuit pour les passagers jusqu’en février 2027. Les conducteurs sont indemnisés.
Pistes cyclables et rues plus calmes
En 2014, Langon n’avait qu’une piste cyclable, avenue du Général-Leclerc, selon le maire. La ville a ensuite créé des zones limitées à 30 km/h et sécurisé les abords du campus, où passent environ 4 000 élèves chaque jour.
Mardi 15 septembre, la ville a reçu les travaux réalisés devant le collège Jules-Ferry et le lycée Jean-Moulin. Avec le Département, elle doit encore traiter une liaison à pied et à vélo avenue Salvador-Allende. Sur les routes nationales, le maire demande l’appui de l’État.
Route d’Auros, Jean-Luc Gleyze, président du Département, a confirmé au maire que des études de circulation sont lancées. Des réunions de quartier sont prévues à propos des automobilistes qui coupent par les rues résidentielles en suivant leur GPS.
Le péage de l’A62 toujours contesté
Jérôme Guillem a de nouveau demandé à la préfète la gratuité de l’autoroute A62 entre Langon et Bordeaux. Chaque année depuis 2020, il écrit au Premier ministre avec les communautés de communes Convergence Garonne et du Réolais en Sud-Gironde. Il cite Libourne, reliée à Bordeaux sans péage.
En 2024, le gouvernement avait écarté cette gratuité en réponse à un sénateur de la Gironde. Les contrats des grandes sociétés d’autoroutes prennent fin entre 2031 et 2036. En attendant, les élus du Sud-Gironde refusent de financer une voie réservée au covoiturage sur une autoroute payante.
Mise à jour du 22 septembre 2026 : la gare compte environ 61 trains par jour en semaine, et non 80 comme indiqué d’abord. L’article intègre aussi les chiffres du dossier de presse de la Ville.
Sources : point presse et dossier de presse de la Ville de Langon du 21 septembre 2026, SNCF, Sud-Gironde Mobilités, projet RER métropolitain, Nouvelle-Aquitaine Mobilités, Lignes Covoit Modalis, Intramuros, Sénat. Photo : Ville de Langon.
Écrit par : Cédric Labarbe
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