
Adishatz : l’immersion occitane de Pessac aux Landes de Gascogne

play_arrowAdishatz : l’immersion occitane de Pessac aux Landes de Gascogne Adishatz
L’émission occitane Adishatz revient sur les bancs de l’école et au cœur des forêts gasconnes. L’enseignante Salomé Tauzin, l’onomasticien Joan Rigouste et le chasseur Bruno Danjoy étaient les invités de REM. Au programme : pédagogie immersive en Calandreta, secrets des noms de famille girondins et passage des palombes.
Treize ans en immersion linguistique
Originaire de Saint-Pierre-d’Aurillac, Salomé Tauzin enseigne depuis treize ans à la Calandreta de la Dauna, à Pessac. L’établissement associatif accueille les enfants dès l’âge de trois ans pour un apprentissage complet en occitan. Les élèves découvrent la langue à travers des comptines, des jeux de doigts et la vie quotidienne de la classe.
L’apprentissage du français débute au cours élémentaire première année à raison de trois heures par semaine, avant d’augmenter d’une heure par niveau. L’immersion précoce favorise les facultés cognitives des jeunes élèves, notamment en calcul et en repérage spatial. « Les enfants qui arrivent au collège sont plus à l’aise en orthographe, en rédaction et à l’oral », résume Salomé.
L’école s’appuie sur les techniques coopératives issues de la pédagogie Freinet et du mouvement institutionnel. Les enfants développent leur autonomie et prennent facilement la parole en public. Salomé et sa collègue gèrent chacune des classes à plusieurs niveaux, un fonctionnement qui stimule l’entraide mutuelle entre grands et petits.
Chêne tauzin et monastères oubliés
Joan Rigouste étudie les noms de famille caractéristiques de la Gironde et de la Gascogne. Le patronyme Tauzin renvoie directement au chêne tauzin, arbre emblématique qui poussait fréquemment près de l’habitation originelle. La moitié des deux mille personnes nées avec ce nom au vingtième siècle ont vu le jour en Gironde.
Le nom Moustié découle du terme latin monasterium, qui a donné le mot monastère. Les ancêtres ainsi désignés n’étaient pas des religieux, mais des employés laïques attachés au domaine agricole des moines. Le patronyme Malandit provient pour sa part d’un terme médical ancien évoquant une maladie de peau.
La deuxième vague des palombes
Installé près d’Hagetmau, au sud du massif landais, Bruno Danjoy observe le ciel d’automne depuis sa cabane. Le chasseur pratique depuis cinquante ans et anime les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Bruno Palombe. Après un début de saison calme en octobre, le passage de la deuxième vague d’oiseaux a relancé l’activité dans les bois.
Bruno Danjoy chasse au fusil mais privilégie souvent son appareil photo quand les ramiers se posent sur les branches. « Si t’y es pas, tu vas pas en prendre », rappelle Bruno avec malice au sujet des caprices de la météo. L’observateur prévoit de rester au poste jusqu’en hiver tant que les vols fréquenteront la forêt landaise.
Un enracinement vivant en Sud-Gironde
Le parcours de Salomé Tauzin illustre la continuité de l’enseignement de l’occitan dans le Sud-Gironde. L’enseignante a découvert sa langue maternelle au collège Jules-Ferry puis au lycée d’enseignement général de Langon avec ses professeurs locaux. Cette formation de proximité alimente aujourd’hui la transmission associative régionale.
Les origines des noms de famille rappelées par Joan Rigouste confirment l’ancienneté de ces racines rurales entre Podensac, Savignac et Saint-Macaire. L’émission donne la parole aux acteurs qui maintiennent ces savoirs vivants au quotidien sur le bassin aquitain.
Sources : émission Adishatz diffusée sur REM 98.4 FM le 3 novembre 2026 ; recueil Par tous les chemins (éditions Le Bord de l’eau).
play_arrowAdishatz : l’immersion occitane de Pessac aux Landes de Gascogne Adishatz
Podcast: Play in new window | Download
S'abonner à nos podcasts Apple Podcasts | RSS | More


