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Financer son association : les leviers de la DRAJES

today3 juillet 2026 30

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L’argent des assos : le trésor existe, la carte aussi, et presque personne ne la lit

Vie associative • Nouvelle-Aquitaine — 3 juillet 2026 · par Mathieu Romain

Aux Rencontres régionales de la vie associative, Mathieu et Cédric ont tendu le micro à un homme qui connaît la carte au trésor par cœur. Voici ce qu’il en reste, pour vous qui tenez une association à bout de bras.

23 h 14. La table de la cuisine. Un tableur ouvert. La colonne des dépenses en rouge, celle des recettes qui fait semblant. Dehors, un chien aboie pour rien.

Vous, vous êtes trésorier. Ou présidente. Ou « la personne qui s’en occupe », ce qui revient au même. Personne ne vous a formé pour ça. Un soir, vous vous êtes levé, vous avez dit oui, et depuis vous portez une chorale, un club de foot, une radio, l’amicale des donneurs de sang. Bref.

Alors voici la nouvelle que personne ne vous a annoncée — à voix basse, comme un secret qui n’en est pas un : l’argent existe. Il y en a. Beaucoup. 5,5 millions d’euros rien que pour la vie associative en Nouvelle-Aquitaine cette année. Le problème n’a jamais été l’argent. Le problème, c’est la carte. Et la carte, presque personne ne la lit.

Aux Rencontres régionales de la vie associative, on a coincé l’homme qui la déchiffre les yeux fermés : Florian Szynal, délégué régional à la vie associative à la DRAJES. Il n’a pas de coffre-fort. Il a mieux : le mode d’emploi.

La DRAJES, c’est qui, et pourquoi ça vous regarde

Un sigle de plus. On sait. Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports. Avant, on disait « jeunesse et sports », et tout le monde comprenait. Les réformes sont passées par là : le nom a changé quatre fois, la mission jamais.

Retenez juste ceci : la DRAJES, c’est l’État à l’échelle de la région. Son cadet, à l’échelle du département, c’est le SDJES. Et à côté, il y a la Région — autre chose : une collectivité, avec son propre argent. Depuis 2016, les deux travaillent main dans la main sur les associations. Ce qui, pour vous, veut dire une chose simple : souvent, quand vous frappez à une porte, vous en ouvrez deux.

Le FDVA. Retenez ce mot.

Le FDVA. Fonds pour le développement de la vie associative. Ça sonne comme une administration, ça ressemble à une administration, c’en est une. Mais c’est aussi la première case du trésor.

Son volet le plus large, le FDVA 2, paie deux choses : votre fonctionnement — oui, votre trésorerie qui saigne — et vos projets innovants. Et avant de filer inventer une voiture qui parle : l’innovation, ici, ce n’est pas un robot. C’est un besoin, sur votre territoire, que personne ne couvre — et vous, bien placé pour y répondre. C’est tout. C’est déjà énorme.

Les chiffres, pour la route. 155 000 associations vivantes dans la région. 4 500 ont demandé cette année, deux fois plus qu’en 2022. Les montants tournent en général entre 1 000 et 10 000 euros. Et le fonds est « sanctuarisé », dixit Florian Szynal — comprenez : il ne disparaîtra pas la nuit prochaine.

Un dernier point, et c’est le plus important. Avant de remplir quoi que ce soit, lisez la note d’orientation. Elle donne les priorités de l’année, les critères, les contacts. Presque personne ne la lit — cela se voit aux dossiers. Ne soyez pas ce dossier.

Former vos bénévoles sans y laisser votre chemise

Deuxième porte, deuxième mot : le FDVA 1. Celui-là paie la formation des bénévoles. Il existe depuis 2008, porté à deux mains — l’État et la Région — depuis 2016. Et il a une vertu que peu de gens exploitent : votre formation peut accueillir les bénévoles des associations voisines. Parce qu’une salle de formation n’est pas seulement un lieu où l’on apprend. C’est un endroit où l’on se rencontre, où l’on comprend qu’on n’est pas seul à ramer. Le club de pêche, la troupe de théâtre, la radio, assis à la même table. Il faut voir ça au moins une fois.

Et puis il y a le petit dernier : Certif’Asso, arrivé en septembre 2025. Ouvert à tout le monde — dirigeante, bénévole du dimanche, salarié, jusqu’aux lycéens. Une trentaine d’heures de théorie (loi 1901, montage de projet, partenariats, financements, et tout ce qu’on a le droit de faire — spoiler : bien plus que ce que vous croyez), puis une quinzaine de jours de stage pratique. De préférence ailleurs que chez vous. On apprend toujours mieux dans la cuisine du voisin.

Au bout, pas un diplôme. Une reconnaissance. La preuve, noir sur blanc, que vous savez faire ce que vous faites déjà en douce depuis trois ans. C’est la DRAJES qui habilite les organismes à délivrer ce parcours, et une douzaine s’y sont déjà mis dans la région. Pour repérer une session près de chez vous, il y a le portail Formation des bénévoles Nouvelle-Aquitaine.

L’objectif, résume Florian Szynal, tient en une ligne : lever les freins à la prise de responsabilité dans les associations. Autrement dit : que vous cessiez de croire que c’est trop compliqué pour vous.

Guid’Asso. La porte. Juste la porte.

Si vous ne deviez retenir qu’une adresse dans tout cet article, ce serait celle-ci. Guid’Asso, c’est le réseau qui rassemble tous ceux qui accompagnent les associations : têtes de réseau, autres associations, collectivités, tiers-lieux, Maisons France Services. Les DLA — Dispositifs locaux d’accompagnement — en font partie. Le tout pour vous éviter deux naufrages : crouler sous l’information, ou n’en trouver aucune et tout laisser tomber dans votre coin.

Chaque département a le sien, la Gironde comprise. Une carte vous indique l’interlocuteur le plus proche. C’est gratuit. On vous accueille, on vous informe, on vous oriente, sans juger votre tableur de 23 h 14. On peut même regarder votre idée avant que vous n’y passiez des nuits, et vous dire franchement si elle « colle ». De quoi éviter bien des zéros pointés.

Alors, concrètement, on fait quoi ?

Dans l’ordre. Vous lisez la note d’orientation. Vous poussez la porte du Guid’Asso près de chez vous. Vous créez, ou vous réveillez, votre espace sur Le Compte Asso — le guichet unique de l’État pour les subventions. Et vous ne visez pas la dernière minute.

Le mot Ce qu’il paie Où frapper
FDVA 2 Votre fonctionnement et vos projets nouveaux Le Compte Asso / SDJES Gironde
FDVA 1 La formation de vos bénévoles Le Compte Asso / SDJES Gironde
Certif’Asso Apprendre à gérer une asso, pour de vrai Portail Formation des bénévoles NA
Guid’Asso Quelqu’un qui décroche et qui aide, gratuitement guidasso-nouvelleaquitaine.fr

Et surtout, ce conseil, valable pour les dossiers comme pour à peu près tout le reste : « pour aller vite, allons lentement et sûrement ». Un bon dossier l’année prochaine battra toujours un zéro décroché ce soir, dans la panique. Toujours.

Un enjeu qui concerne notre territoire

Ici, dans l’Entre-deux-Mers, une association tient souvent à trois personnes et à un budget qui fait le dos rond. On les connaît. On les croise au marché, à la salle des fêtes, au bord d’un stade un dimanche de pluie. Ce sont elles qui font qu’un village reste un village, et pas seulement un panneau à l’entrée.

Alors ces mots un peu barbares — FDVA, Certif’Asso, Guid’Asso — retenez-les. Ce ne sont pas des sigles. Ce sont des rallonges. Parfois, c’est exactement ce qui sépare un projet qui s’éteint d’un projet qui prend racine. Le trésor est là. La carte aussi. Il n’y a plus qu’à la lire. Puis à la passer au voisin.

Sources : entretien avec Florian Szynal, délégué régional à la vie associative (DRAJES Nouvelle-Aquitaine), réalisé par Mathieu et Cédric lors des Rencontres régionales de la vie associative de Nouvelle-Aquitaine. Liens utiles : associations.gouv.fr/certifasso, lecompteasso.associations.gouv.fr, guidasso-nouvelleaquitaine.fr, formations-benevoles-nouvelleaquitaine.org.

Écrit par: Mathieu ROMAIN

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