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Bordeaux : le tribunal administratif confirme l’interdiction de manifester

today24 octobre 2026

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Vie locale · 24 octobre 2026, mis à jour à 15 h 15

Le tribunal administratif de Bordeaux a confirmé samedi après-midi l’interdiction de manifester dans le centre-ville. Il a rejeté le recours de la CGT, de FO et de la FSU. Au moment de la décision, de nombreux manifestants étaient déjà partis de la place de la Bourse, sur le parcours interdit.

Le tribunal administratif rejette le recours des syndicats

L’audience s’est tenue samedi midi, dans une salle comble. Les avocats de l’intersyndicale demandaient la suspension de l’arrêté préfectoral pour pouvoir défiler en centre-ville. « Le but d’une manifestation, c’est d’être vu et d’être entendu », a plaidé l’une d’elles, rapporte ICI Gironde.

Les avocats ont aussi reproché à la préfecture des arrêtés pris très tard, difficiles à contester à temps. La représentante de la préfecture a défendu des mesures de sécurité nécessaires pour que les manifestants puissent exprimer leurs revendications. Elle a de nouveau mis en avant les violences du 17 octobre.

Le juge a rendu sa décision après 14 heures, l’heure de départ prévue du cortège. Il confirme l’arrêté et rejette le recours, indique la section bordelaise du Syndicat des avocats de France. Au même moment, de nombreux manifestants rassemblés place de la Bourse s’élançaient sur le parcours interdit.

Un périmètre interdit jusqu’à dimanche 8 heures

L’arrêté de la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, s’applique de samedi 8 heures à dimanche 8 heures. Il interdit tout regroupement et toute manifestation dans un large périmètre du centre de Bordeaux.

La zone est plus étendue que celle présentée jeudi aux syndicats. Elle englobe tous les quais, la place de la Bourse, Pey-Berland, Mériadeck et la Victoire. Elle remonte au nord des Quinconces jusqu’au cours de la Martinique, aux Chartrons, et descend au sud du cours Victor-Hugo jusqu’à la gare, détaille Rue89 Bordeaux.

Selon la préfète, ce périmètre représente 7 % du territoire de la ville. Elle affirme que d’autres lieux restent possibles, à condition d’être déclarés dans les délais et encadrés par les organisateurs. Le parcours déposé vendredi midi, présenté dans notre article d’hier, ne remplissait pas ces conditions selon elle. Il aurait dû être déclaré trois jours avant.

Des « appels au pillage » invoqués par la préfecture

La préfète justifie sa décision par des signalements de ses services. Ils font état d’appels au pillage, à la casse et à la violence pour cette journée. La mesure répond aussi à la demande du maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, et des commerçants du centre.

Organiser une manifestation interdite est un délit. Y participer expose à une amende de 135 euros. Le couvre-feu des mineurs non accompagnés est avancé à 20 heures ce samedi, au lieu de 22 heures.

L’intersyndicale avait maintenu son rendez-vous

La CGT, FO et la FSU contestent l’arrêté. Avec le soutien du Syndicat des avocats de France, elles avaient saisi le tribunal administratif en référé-liberté dès la publication de l’arrêté. Cette procédure d’urgence permet de demander au juge de suspendre une décision qui porte atteinte à une liberté fondamentale.

Les trois syndicats n’avaient pas retiré leur appel en attendant la décision. Pour Catherine Dudès, cosecrétaire départementale de la FSU, il est « toujours plus protecteur d’avoir un cortège prévu et encadré ». Leurs revendications portent sur les salaires, les pensions, les minima sociaux et l’abrogation de Parcoursup.

Forces de l’ordre devant l’hôtel de ville et le Grand-Théâtre

Dès la matinée, les forces de l’ordre ont pris position place Pey-Berland, devant l’hôtel de ville, et devant le Grand-Théâtre, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. La préfecture indique multiplier les contrôles préventifs dans le département. Treize personnes ont été contrôlées en possession d’objets dangereux, en violation de l’arrêté.

Le ministère de l’Intérieur a autorisé à Bordeaux l’engagement de blindés, de militaires de l’opération Sentinelle et d’unités d’élite de la police et de la gendarmerie, rapporte ICI Gironde. Le 17 octobre, 400 policiers et gendarmes étaient déployés dans la ville. Dans toute la France, 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés ce samedi.

Dans le centre, de nombreux commerçants ont protégé leurs vitrines avec des planches. Certains ont choisi de fermer. La CCI Bordeaux-Gironde, installée place de la Bourse, a fermé ses portes pour la journée.

Trams perturbés depuis 10 heures

Le réseau TBM a annoncé des interruptions progressives sur ses six lignes de tram à partir de 10 heures, ainsi que des modifications sur plusieurs lignes de bus. Les habitants de l’Entre-deux-Mers qui se rendent à Bordeaux cet après-midi doivent s’attendre à des difficultés pour rejoindre le centre.

Une semaine après les violences du 17 octobre

Le samedi 17 octobre, 7 000 personnes avaient manifesté à Bordeaux selon la préfecture, 100 000 selon la CGT. La journée avait été marquée par des pillages et des dégradations, notamment rue Sainte-Catherine. La résidence de la préfète avait été saccagée. La préfecture avait recensé 23 blessés, dont 15 membres des forces de l’ordre, et 110 interpellations.

Le mouvement ne s’arrête pas à ce samedi. Les gilets jaunes appellent à un « acte III » le samedi 31 octobre. Les syndicats maintiennent de leur côté leur appel à une grande mobilisation le 5 novembre, selon France 24.

Sources : ICI Gironde (décision du tribunal administratif), Rue89 Bordeaux, ICI Gironde, France 3 Nouvelle-Aquitaine, ICI Gironde (bilan du 17 octobre), Bordeaux evous, France 24, Sud Ouest (direct du 24 octobre, 13 h 45).

Écrit par: Mathieu Romain

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