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90 ans de la Révolution sociale espagnole : une grange de Lucmau ouvre ses portes le 19 juillet
Culture, Mémoire, Sud-Gironde — 16 juillet 2026 par Mathieu ROMAIN
Le 19 juillet 1936, la population espagnole descendait dans la rue pour faire reculer le coup d’État franquiste. Quatre-vingt-dix ans plus tard, jour pour jour, une grange perdue entre Lucmau et Cazalis accueille concerts, expositions et tables d’info pour raconter ce que les livres d’histoire retiennent moins : la révolution autogestionnaire menée à l’arrière du front.

Invité de la matinale de Radio Entre-Deux-Mers, le chanteur Christian Leduc raconte une histoire de rencontres en cascade. Au printemps, il cherche un lieu pour jouer son spectacle le 19 juillet. Charente, Dordogne, Gironde, jusqu’aux Pyrénées : rien. « Organiser des concerts en juillet, les programmations sont déjà faites », résume-t-il. Puis une amie lui propose sa grange. Il suffisait de vider le bazar.
Ensuite tout s’emboîte. Tania Magy, militante de la CNT-AIT de Pau et artiste issue de la communauté des Gens du Voyage, propose une table d’info et ses créations. L’exposition « La Guerre d’Espagne vue à travers ses affiches », montée par la Fédération anarchiste et déjà passée par l’Athénée libertaire de Bordeaux, fait halte à Lucmau avant Uzeste. Et un groupe de Bilbao, Buterflai, s’invite au programme. Le concert est devenu une journée.
Christian Leduc n’est pas historien et le revendique. Il tient ses souvenirs de ceux qu’il a rencontrés : Ginés Martinez, croisé à Angoulême, ancien des Jeunesses libertaires de Barcelone ; Emilio Travé, à Cenon, ancien de la Colonne Durruti puis secrétaire national de la CNT en exil, et sa compagne Milagros. Ce qu’ils lui ont transmis tient en quelques lignes qui font encore rêver : coopératives, autogestion des ateliers et des transports, collectivisation des terres, écoles ouvertes aux enfants et aux adultes dans un pays alors à moitié analphabète, mouvement de femmes Mujeres Libres, et même des villages où la monnaie fut abolie.
Le spectacle Barricades — Mémoires de partageux n’est pas un cours. C’est un concert gesticulé de près de deux heures, une conférence musicale devant une fresque de 3 mètres sur 4 signée Ginés Maldonado, avec des reprises de Jean-Baptiste Clément, Serge Utgé-Royo, Marc Ogeret, Jules Jouy, Michèle Bernard, Léo Ferré ou Louise Michel. Deux chansons seulement y évoquent l’Espagne de 36. C’est ce petit espace qui a suffi à déclencher toute la journée.
À l’heure où les artistes en tournée jouent devant dix personnes un soir et cent le lendemain, où la culture est le premier poste de dépense que les foyers coupent, une grange prêtée, une expo qui circule, un groupe qui traverse la frontière et un prix libre : c’est exactement le genre de fabrication collective dont parle le spectacle. Elle se joue ici, à quarante minutes de Sauveterre, sur une petite route de Sud-Gironde.
| Quand | Dimanche 19 juillet 2026, à partir de 16h00 |
| Où | 2905 route des Doucs, 33840 Lucmau (entre Lucmau et Cazalis) — fléchage sur place |
| 16h00 | Expositions, table d’info CNT-AIT, puis Christian Leduc — Barricades, Mémoires de partageux |
| 19h30 | Buterflai (Bilbao) — folk anarchiste, vidéos sous-titrées en français |
| Tarif | Prix libre et raisonné — buvette et grignotage sur place |
| À noter | Les animaux ne sont pas admis |
Écrit par: Mathieu ROMAIN
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