
Entre deux, ça cause à Loubens : la Ferme du Moulinat et Salvéo

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Pour sa deuxième émission, Entre deux, ça cause s’est installée à Loubens, dans le bureau de la Ferme du Moulinat. Kevin Rouzier y recevait deux Amélie : Amélie Fazembat, de la ferme, et Amélie, de Salvéo Forme et Détente. Au programme : foie gras, porc noir, sport-santé et un débat sur le prix du bien-manger.
Loubens, entre Dropt et vallons
Loubens est un petit village de l’Entre-deux-Mers, au nord de La Réole. Son moulin du XIVe siècle enjambe le Dropt. Classé monument historique en 2000, il est parfois surnommé « le petit Chenonceau ».
Le village vit aussi de son agriculture et de deux entreprises qui ont fait le choix de la campagne. Une ferme familiale et un centre de remise en forme, séparés par un simple champ. Kevin Rouzier était accompagné de Cédric Labarbe, président de REM, à la technique.
La Ferme du Moulinat, une histoire de famille
La Ferme du Moulinat est tenue par Amélie Fazembat, son père Philippe et son frère. La famille travaille ces terres depuis plusieurs générations. L’arrière-grand-père d’Amélie pratiquait la polyculture et l’élevage : vignes, arbres fruitiers, maraîchage, vaches, chevaux et palmipèdes dans les mêmes prés. Son père a arraché les dernières vignes pour se consacrer aux céréales.
Aujourd’hui, la ferme est connue pour son foie gras. Elle élève aussi des porcs noirs en plein air et cultive une centaine d’hectares sur dix communes, dans un rayon de dix kilomètres. Ses céréales deviennent huile de tournesol, huile de colza ou lentilles vertes. Tout se vend à la boutique de la ferme, ouverte toute l’année, en conserve ou en frais.
En ce moment, ce sont les cuisses de canard confites qui partent le plus. La recette d’Amélie : au four, avec des pommes de terre dans la graisse de canard, et une poêlée de cèpes si la cueillette a été bonne. La ferme prend déjà les commandes pour les fêtes.
Enfant, Amélie passait ses mercredis à mettre du foie gras en verrines avec sa mère et sa grand-mère. Avant de revenir à la ferme, elle a travaillé plusieurs années dans des magasins de vêtements. Elle y vendait déjà son pâté, jusque dans les cabines d’essayage.
Une ferme qui reçoit toute l’année
Recevoir du public fait partie de l’histoire du Moulinat : d’abord les visites de la ferme, puis les produits servis à la plancha. Un ancien séchoir à tabac, entièrement en pierre, est devenu une salle de réception agréée pour 149 places assises. On y organise mariages, séminaires, cousinades et anniversaires, avec un hébergement sur place.
Le grand rendez-vous reste les Festigrillades, le deuxième week-end de juin. Une vingtaine d’agriculteurs et d’artisans s’y retrouvent, dont des potiers et des vanniers. Trois groupes de musique se succèdent, devant un millier de personnes sur le week-end. L’été, les soirées paysannes réunissent chaque mercredi de juillet et d’août quatre ou cinq producteurs.
Prochains rendez-vous à la ferme : un vide-dressing le mercredi 11 novembre, de 10 h 30 à 17 h 30, puis le marché de Noël les samedi 5 et dimanche 6 décembre.
Amélie développe aussi un éco-camping à la ferme. On vient avec sa tente, à vélo s’il le faut, même depuis Sauveterre-de-Guyenne. Sanitaires et douches sur place, panier pique-nique de la ferme et circuit de balade libre. Les enfants y croisent les cochons, les poules de collection et les canards coureurs indiens, une race qui marche bien droite.
Salvéo, une salle de sport au milieu des champs
Salvéo Forme et Détente est un centre de remise en forme et de bien-être. Il occupe une longère rénovée de 900 m², en pierres apparentes, au cœur d’un domaine de six hectares. Salle de musculation, plateau cardio avec vue sur la forêt, deux salles de cours collectifs, parcours en forêt et city-stade. Côté détente, l’espace balnéo réunit jacuzzi, hammam et sauna, avec une piscine chauffée l’été.
Le fondateur et gérant, Julien Castagnet, a eu un coup de cœur pour cette bâtisse alors en vente. Il avait été coach pendant quinze ans à La Réole et à Saint-Hilaire-de-la-Noaille. S’installer dans un village de quelques centaines d’habitants semblait un pari risqué. Huit ans après l’ouverture, Salvéo compte près de 600 adhérents.
Ils viennent de Cocumont, de Verdelais, de Duras ou des environs de Libourne. Plus de la moitié ont 55 ans et plus et viennent plutôt le matin. Les actifs passent le soir, en rentrant du travail. Le club est ouvert tous les jours de 7 h à 22 h 30. Après la crise sanitaire puis l’inflation, l’équipe a revu sa communication et sa façon de travailler, avec l’aide de Didier, un ami du gérant.
Le sport-santé, jusqu’à domicile
Salvéo est labellisé sport-santé depuis trois ans. Le sport-santé, c’est une activité physique adaptée à l’état de santé de chacun et encadrée par des professionnels. Les médecins peuvent prescrire des séances, par exemple à des patients en affection de longue durée (ALD), c’est-à-dire atteints d’une maladie qui demande des soins prolongés.
Avec la Maison Sport-Santé, l’équipe accompagne pendant six mois des personnes qui ne seraient pas venues d’elles-mêmes, pour des raisons financières ou à cause de leur maladie. Elle se déplace aussi à domicile.
Julien, Lucile et Estelle sont enseignants en activité physique adaptée (APA), des spécialistes du sport pour les personnes malades, âgées ou handicapées. Théo s’occupe de réathlétisation et de préparation physique. Jenna, que les auditeurs de REM ont suivie dans son Défi d’Elles 2026, suit la nutrition.
La salle crée aussi du lien. Amélie oriente souvent les nouveaux venus vers le circuit training, un cours par équipes de deux à quatre. Plusieurs seniors lui ont confié être venus d’abord pour retrouver du monde.
Deux voisines qui se renvoient la balle
Les deux maisons travaillent main dans la main. Les adhérents de Salvéo traversent le champ pour goûter le porc noir de la ferme. Les invités des mariages du Moulinat dorment parfois dans les trois chambres d’hôtes de Salvéo, avec un accès à la balnéo pour finir le week-end.
Amélie, de Salvéo, a aussi tenu à saluer les agriculteurs du secteur, partis en tracteur prêter main-forte lors des incendies de l’été. Salvéo compte d’ailleurs beaucoup d’agriculteurs et de viticulteurs parmi ses adhérents. Les heures de tracteur, rappelle-t-elle, font mal au dos.
Entre deux sujets, les invitées ont joué au « ça ou ça » de Kevin, puis à ses situations folles : île déserte, million à dépenser en un mois, échange de métiers. Verdict d’Amélie Fazembat : manger plus pour courir plus.
Bien manger, un privilège ?
Pour finir, Kevin a lancé son débat « D’accord, pas d’accord » : bien manger et prendre soin de sa santé, est-ce réservé à ceux qui en ont les moyens ? Pour Amélie Fazembat, on peut se donner les moyens. Elle cite les abonnements superflus à supprimer, la marche, les œufs achetés chez le voisin, quelques poules et un potager.
Amélie, de Salvéo, parle plutôt de priorités. Le prix d’un téléphone dépasse souvent celui d’un an de salle de sport, rappelle-t-elle. Et manger mieux se voit vite : sur la fatigue, sur la peau et sur le moral.
Entre deux, ça cause, chaque mercredi de 11 h 30 à 12 h 30 sur le 98.4 FM et sur remradio.fr. Kevin Rouzier pose ses micros dans un nouveau village chaque semaine : pour l’accueillir, écrivez-lui via les pages Facebook de REM ou de Kevin Rouzier Artiste. Réécoutez aussi la première émission, au Café Jérémy de Blasimon, et retrouvez la page de l’émission.
Sources : émission Entre deux, ça cause diffusée sur REM 98.4 FM le 4 novembre 2026 ; sites de la Ferme du Moulinat et de Salvéo Forme et Détente ; Wikipédia (Loubens).
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