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Caumont : Le village de 140 âmes qui défie la distance Mathieu Romain
Caumont : Le village de 140 âmes qui défie la distance
À Caumont, 140 âmes habitent un paysage que l’on pourrait croire figé dans le temps. Pourtant, sous l’impulsion de son maire, Benjamin Malambic, le village vibre d’une modernité silencieuse et radicale. Ici, on ne subit pas la ruralité, on la sculpte.
D’un côté de la rue, la Maison des Projets. Ce n’est pas qu’un bâtiment de pierres rénovées, c’est une interface. Benjamin Malambic évoque avec un sourire audible cette « anomalie » délicieuse : un développeur web codant pour Seattle au milieu des collines gersoises. En dotant le village d’un tiers-lieu high-tech — où la visioconférence n’a rien à envier aux tours de la Défense — le maire a opéré ce qu’il appelle le « pas de côté ». Sa voix, posée, trahit une satisfaction profonde : celle d’avoir transformé l’isolement en privilège. Travailler à Caumont, c’est choisir la pulsation du monde sans renoncer à la lisière des champs.
Face au numérique, le retour à la terre. L’épicerie participative des Épiculteurs incarne l’autre versant de sa vision. Ici, l’économie est remise à l’endroit : pas d’intermédiaire, un prix souverain pour le producteur et une application, Mon Épi, pour orchestrer la solidarité. Benjamin Malambic ne parle pas en gestionnaire froid, mais en facilitateur d’utopies concrètes. Pour lui, Caumont est un « territoire test », un laboratoire de résilience où l’on réapprend à consommer au rythme des saisons et de l’engagement bénévole.
Le 21 juin, lors d’une double inauguration symbolique, le ruban coupé ne célébrera pas seulement des murs, mais une victoire psychologique. En un mandat, Benjamin Malambic a prouvé que la petitesse géographique n’est jamais une limite à l’ambition politique.
Son récit est celui d’une ruralité qui cesse de s’excuser d’exister pour devenir un modèle. À Caumont, l’avenir ne s’attend pas, il s’inaugure en musique, entre un écran 4K et un panier de légumes locaux, avec la certitude tranquille que le progrès a enfin trouvé son port d’attache.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
s.bordelais@remradio.fr
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