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L'interview locale

L’indigo selon Mademoiselle C : l’or bleu de Targon

micMathieu Romaintoday16 septembre 2026

Arrière-plan
  • L’indigo selon Mademoiselle C : l’or bleu de Targon Mathieu Romain


Des plateaux de tournage parisiens aux feuillages tinctoriaux de l’Entre-deux-Mers, il n’y a qu’un pas… guidé par la passion de la matière et des pigments vivants. Dans L’interview du jour sur REM, nous recevons Caroline Cochet, artisane teinturière installée au cœur de la bastide girondine de Targon sous le nom de L’Atelier de Mademoiselle C.

Venue présenter la toute première édition de la Fête de l’indigo, elle nous ouvre les portes de son univers : un dialogue permanent entre la terre de Gironde, les savoir-faire ancestraux du Japon et la poésie de la couleur naturelle.


Du cinéma à la marmite : la métamorphose de Caroline Cochet

Pendant dix ans, Caroline Cochet a évolué dans l’effervescence du milieu cinématographique à Paris, en tant que lectrice de scénarios et assistante de production. Une première vie intense mais déconnectée de la création manuelle :

« J’ai eu besoin de mettre les mains dans la matière. J’ai commencé par le tricot, puis j’ai rencontré des teinturières artisanales du monde entier qui m’ont dit : « Essaie, c’est facile, il suffit d’une cuisine ! » Je me suis lancée, et je suis tombée, comme Obélix, dans la marmite. »

Dès 2012, Caroline s’affranchit de la vie citadine pour s’installer en Gironde et faire de la teinture végétale son métier d’art. Ce qui n’était au départ qu’une recherche esthétique devient rapidement une passion botanique : cultiver, récolter et transformer la plante pour en révéler l’âme chromatique.


Le bleu indigo : une alchimie unique et vivante

Si le monde végétal offre une infinité de nuances, c’est le bleu indigo qui a définitivement conquis l’artisane. Loin d’être un pigment ordinaire, l’indigo ne se dissout pas dans l’eau comme une infusion classique : il exige une chimie naturelle complexe par réduction et fermentation (la méthode traditionnelle japonaise du sukumo).

Fascinée par l’artisanat d’art nippon, Caroline s’est rendue au Japon en 2015 pour s’initier aux techniques de réserve par couture, plissage et ligatures (shibori). Son terrain d’expérimentation de prédilection ? La persicaire à indigo (Persicaria tinctoria), plante dont elle extrait un bleu singulier : à la fois sombre et profondément lumineux.

Cette transmission des savoirs l’a d’ailleurs amenée à partager son expertise auprès du grand public, aussi bien dans son atelier qu’à travers son ouvrage de référence « La magie de l’indigo » publié aux Éditions Eyrolles. Prochainement, elle sera également l’invitée du podcast de micro-aventure Le Slow Tour, animé par Donatien Le Liepvre, venu en itinérance douce à vélo à Targon pour effeuiller la plante tinctoriale.


Rendez-vous au « Jardin de sorcière » : une fête sous le signe du Japon et de la création

Installé sur un terrain communal mis à disposition par la commune de Targon, au 8 chemin du Petit Babo, le jardin de Caroline Cochet n’est pas seulement un lieu de culture : c’est un sanctuaire pédagogique, créatif et ouvert aux rencontres.

Ce samedi 19 septembre, de 11h à 19h, le site accueillera la première Fête de l’indigo, un événement placé sous le signe du partage, des arts croisés et de la culture japonaise.

Au programme de la journée :

  • Une invitée d’honneur venue du Japon : Caroline accueille Makiko Tonoga, artisane teinturière originaire de Tokushima (l’île de Shikoku, berceau historique de la culture de l’indigo au Japon), venue animer des stages exclusifs de shibori et présenter ses créations.

  • Un marché d’artisans d’art : Retrouvez les pièces uniques de céramistes pratiquant la technique du Raku, ainsi que le travail textile de Léonor (Les Artipiques), qui redonne vie aux soieries et tissus anciens japonais.

  • Concert dessiné à 15h00 (Création originale) : L’artiste carnettiste et voyageuse Sophie Bataille réalisera une performance en direct, peignant sur de grands rouleaux de papier japonais suspendus aux branches du verger, accompagnée par les compositions d’un musicien guitare-voix.

  • Fresque monumentale : Dans le hangar du terrain, venez admirer l’œuvre peinte par l’artiste urbain bordelais Rémi Gaston, retraçant les quatre saisons du cycle de l’indigo.

  • Démonstrations & Cuves de teinture : Caroline Cochet vous fera découvrir les secrets de l’oxydation de l’indigo, où le tissu ressort jaune-vert de la cuve avant de virer miraculeusement au bleu profond au contact de l’air.

  • Chantier participatif d’effeuillage : Petits et grands sont conviés à participer à la dernière récolte de l’été ! À l’ombre des arbres, venez effeuiller la persicaire à la main avant sa mise en compost pour les cuves de l’année à venir.


Informations pratiques

  • 📅 Date : Samedi 19 septembre

  • 🕚 Horaires : De 11h00 à 19h00 (entrée libre)

  • 📍 Lieu : Le Jardin tinctorial, 8 chemin du Petit Babo, 33760 Targon (Gironde)

  • 🧺 Restauration : Option pique-nique tiré du sac sous les arbres, ou restauration sur place auprès des food trucks de la fête communale de Targon, qui se déroule en parallèle dans le village.

  • 🌐 Renseignements et contacts : Retrouvez toute la programmation sur le compte Instagram @latelierdemademoisellec ou sur le site web officiel ateliermademoisellec.fr.

Un texte formulé par Simon Bordelais.

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