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FSER 2027 : les radios demandent 39 millions d’euros

today16 septembre 2026

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Radios associatives : 39 millions d’euros demandés à l’État pour 2027

Médias — mercredi 16 septembre 2026

Les deux organisations qui représentent les radios associatives françaises ont été reçues le 15 septembre à l’Assemblée nationale. Elles demandent que le fonds public qui fait vivre ces radios soit porté à 39 millions d’euros dans le budget 2027, et qu’il cesse d’être remis en cause chaque automne.

Une audition à l’Assemblée nationale

Le Syndicat national des radios libres (SNRL) et la Confédération nationale des radios associatives (CNRA), réunis au sein de l’association Les Locales, ont été auditionnés le 15 septembre 2026 par le député Philippe Ballard. Celui-ci est rapporteur pour avis des crédits de la mission Médias, livre et industries culturelles. C’est lui qui rendra un avis sur la part du budget de l’État consacrée à ces radios.

L’aide en question s’appelle le Fonds de soutien à l’expression radiophonique, le FSER. C’est une aide publique versée chaque année aux radios locales à but non lucratif, celles qui ne vivent pas de la publicité. Elle représente en moyenne une grande part de leurs ressources.

Pourquoi 39 millions d’euros

La France compte près de 790 radios associatives. Elles emploient environ 3 000 personnes, en majorité en contrat à durée indéterminée, sur des postes qui ne peuvent pas être délocalisés. Le budget cumulé du secteur atteint 75 millions d’euros, dont plus de 80 % sont dépensés dans l’économie locale. Rapporté à la population, l’effort public représente 51 centimes par habitant et par an, soit 1 % du budget de la culture.

L’aide individuelle versée à chaque radio n’a pas bougé au rythme des prix depuis 2002. Salaires, énergie, loyers, diffusion, entretien technique, assurances : tout a augmenté. Si le fonds avait simplement suivi l’inflation, il atteindrait aujourd’hui 43,9 millions d’euros. Calculé sur l’indice du coût de la construction, la référence de nombreux prestataires techniques, il dépasserait 54 millions.

Les deux organisations ne réclament pas ce rattrapage complet. Elles demandent 39 millions d’euros pour 2027. Cette somme doit absorber l’arrivée de nouvelles radios dans le dispositif : 794 demandes d’aide au fonctionnement ont été déposées au titre de 2026, contre 781 un an plus tôt. Le reste doit combler une partie du retard accumulé depuis vingt ans.

Sortir des alertes à répétition

Le secteur sort de deux automnes agités. En 2024, une première baisse avait été annoncée puis abandonnée. L’an dernier, le budget prévoyait de ramener le fonds de 35,3 à 19,6 millions d’euros, une coupe de 44,5 %. Elle avait été annulée après la mobilisation des radios et des parlementaires.

Les radios demandent donc surtout une visibilité sur plusieurs années.

« Nous savons ce que c’est que de faire des efforts : nous en faisons depuis vingt ans. Ce que nous demandons, ce n’est pas un privilège, c’est une visibilité. »
Sylvain Delfau, président du SNRL

Une autre incertitude pèse sur une aide complémentaire, réservée aux radios des zones rurales à revitaliser et des outre-mer. Elle s’élevait à 2,3 millions d’euros pour 282 radios en 2024, puis à 2 millions pour 286 radios en 2025. Aucun montant n’est connu pour 2026. Pour une radio qui emploie une ou deux personnes, ce complément décide souvent du maintien de l’activité.

Un modèle sans solution de remplacement

Les radios associatives ne peuvent pas compenser une baisse d’argent public par la publicité. La loi leur interdit de dépasser 20 % de recettes publicitaires dans leur chiffre d’affaires. Dans les faits, elles en tirent en moyenne 4 %. Le marché publicitaire radio local a par ailleurs reculé de plus de 15 % au premier semestre, et près de 70 % des départements ont réduit leurs budgets culturels.

« Les menaces répétées sur le fonds de soutien ont été vécues dans les territoires comme une décision prise à Paris, en décalage complet avec ce que vivent les radios de terrain. Il ne s’agit pas de petites radios : ce sont des radios de territoire, et dans beaucoup de zones rurales, il n’y a rien d’autre. »
Jean-Marc Courrèges-Cenac, coprésident de la CNRA

Ces radios assurent des milliers d’heures d’éducation aux médias, participent aux plans communaux de sauvegarde et diffusent plusieurs langues régionales. Les incendies en Gironde ont montré leur rôle dans l’information des habitants en situation de crise.

À Sauveterre, REM est dans la même équation

REM, radio associative de l’Entre-deux-Mers, dépend du même fonds. Le versement de l’aide de l’État a pris du retard, alors que l’électricité, le loyer et le poste de coordination doivent être payés chaque mois. La radio a lancé une collecte en ligne pour tenir ce passage difficile.

Elle est ouverte à tous : REM Radio, la radio qui vous parle a besoin que vous lui répondiez.

Sources : communiqué de l’association Les Locales (SNRL et CNRA), 16 septembre 2026 ; audition du 15 septembre 2026 à l’Assemblée nationale ; page de collecte HelloAsso de l’AIETEM Radio Entre-Deux-Mers.

Écrit par: Mathieu ROMAIN

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