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C’est la rentrée, vous n’en pouvez plus… et ce n’est peut-être pas votre faute

today3 octobre 2026

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Élus, bénévoles, porteurs de projets culturels : à La Réole, Sauveterre-de-Guyenne, Créon, Cadillac ou Langon, beaucoup avouent être à bout en cette rentrée. Ce n’est peut-être pas un manque de courage. L’été 2026 a été le plus chaud jamais mesuré en France. Et la science sait ce que la chaleur fait au corps et à la tête.

Ce qu’on entend partout sur le territoire

Au détour d’une réunion, d’un forum des associations ou d’un café en terrasse, la même phrase revient. « Je n’en peux plus. » Elle vient d’élus, de présidentes d’association, de bénévoles, d’organisateurs de festivals.

Beaucoup se le reprochent. Ils se trouvent moins efficaces, plus irritables, moins patients. Ils pensent manquer d’énergie ou de motivation. Et si une partie de la réponse se trouvait simplement dans le thermomètre ?

Un été hors normes, qui a commencé tôt

Fin mai, un « dôme de chaleur » touche déjà l’ouest de la France. Santé publique France constate alors plus de passages aux urgences pour déshydratation.

Le 21 juin, la Gironde passe en vigilance rouge canicule. La préfecture interdit les rassemblements en extérieur. Le 23 juin, Bordeaux atteint 42,5 °C, un record absolu.

Le 3 septembre, Météo-France a publié son bilan. L’été 2026 est le plus chaud depuis 1900. La France a vécu 53 jours de vague de chaleur sur 92, soit près de 60 % de l’été.

Une association qui prépare un festival, une mairie qui veille sur ses habitants isolés, un bénévole qui tient la buvette : ces semaines-là, personne n’a travaillé « comme d’habitude ». Tout le monde a travaillé en surchauffe.

La chaleur vole le sommeil

Premier effet, le plus simple : on dort moins bien. Une étude internationale publiée en 2022 dans la revue One Earth le montre à l’échelle de la planète. Plus il fait chaud dehors, plus on perd de sommeil.

En 2024, une équipe menée par le chercheur Guillaume Chevance (ISGlobal, Barcelone) a passé en revue les études sur le sujet. Sa conclusion : la chaleur réduit la durée et la qualité du sommeil, partout. Et le corps ne s’y habitue pas vite.

Des nuits courtes, enchaînées pendant des semaines, cela crée une dette. Elle ne s’efface pas le premier jour où il fait frais.

Une tête qui tourne au ralenti

En 2016, des chercheurs de l’université Harvard ont suivi des étudiants pendant une vague de chaleur à Boston. Ceux qui vivaient sans climatisation réagissaient environ 13 % plus lentement aux tests. Il s’agissait pourtant de jeunes en pleine santé.

Le détail le plus parlant : l’écart était le plus fort juste après la vague de chaleur. Dehors, il faisait plus frais. Mais dans les bâtiments, la chaleur restait. Dans nos maisons de bourg et nos salles mal isolées, cela parle à tout le monde.

L’humeur suit. Une étude du CHU de Reims a observé des effets de la chaleur sur la santé mentale jusqu’à trois semaines après les pics. Ces effets varient selon les personnes.

Une fatigue qui s’ajoute à d’autres

Soyons honnêtes : la chaleur n’explique pas tout. Le monde associatif traverse une période difficile. Au printemps 2026, le baromètre de Recherches & Solidarités relève une dégradation du moral dans les associations employeuses.

Dans les petites associations sans salarié, l’inquiétude porte sur le renouvellement des dirigeants. Et l’étude La France bénévole 2026 fait état d’une perte de 500 000 bénévoles réguliers. Moins de bras, c’est plus de travail pour ceux qui restent.

Côté mairies, beaucoup d’équipes sortaient des élections municipales de mars. Leur premier été de mandat a été celui-là. La chaleur n’est donc pas la seule cause. Mais elle a pesé sur des personnes déjà très sollicitées.

Ce n’est pas de la faiblesse, c’est de la physiologie

Si vous vous sentez vidé, vous n’êtes pas seul. Vous n’êtes probablement pas devenu moins capable. Votre corps a passé l’été à se refroidir, à mal dormir, à compenser. Cela coûte de l’énergie.

Quelques pistes simples. Alléger l’agenda d’octobre quand c’est possible. Reporter ce qui peut attendre. En parler en bureau ou en conseil municipal, sans gêne. Le dire aussi aux structures voisines : elles sont souvent dans le même état.

Une précaution tout de même. Si la fatigue dure plusieurs semaines, si le sommeil ne revient pas, si le moral flanche, parlez-en à votre médecin. Un épuisement qui s’installe mérite d’être pris au sérieux.

Un enjeu qui concerne notre territoire

L’Entre-deux-Mers et le Sud-Gironde tiennent grâce à des milliers de personnes engagées. Élus de petites communes, bénévoles de comités des fêtes, porteurs de projets culturels : ce sont eux qui font vivre nos villages.

Or Météo-France prévient : un été comme 2026 deviendrait ordinaire dans une France à +4 °C. Prendre soin de ceux qui s’engagent, c’est donc aussi s’adapter. Calendriers des événements, locaux plus frais, tâches mieux partagées.

À REM, nous entendons cette fatigue chaque semaine. Vous êtes élu, bénévole ou porteur de projet et vous voulez en parler ? Nos micros vous sont ouverts.

Sources : Météo-France, bilan climatique de l’été 2026 (3 septembre 2026) ; Préfecture de la Gironde, communiqué du 20 juin 2026 ; franceinfo, 27 mai 2026 ; Minor et al., One Earth, 2022 ; Chevance et al., Sleep Medicine Reviews, 2024 ; Cedeño Laurent et al., PLOS Medicine, 2018 ; Bachellier et al., Psychiatry Research, via SFMU ; Recherches & Solidarités, L’opinion des responsables associatifs 2026 et La France bénévole 2026 ; notre-planete.info.

Photo d’illustration : Olly, via Pexels.

Écrit par: Mathieu ROMAIN

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