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Sur la place de Blasimon, Émilie Lapouyade torréfie son café chaque semaine, à l’œil et à l’odeur. Son commerce, le Café Jérémy, porte le prénom de son frère disparu. Elle l’a raconté le 28 octobre sur REM, dans la première de l’émission Entre deux, ça cause, installée chez elle pour l’occasion.
Ses parents étaient torréfacteurs. Émilie Lapouyade torréfie avec son père depuis l’âge de huit ans. Pendant trente-deux ans, elle les a suivis sur les marchés. Elle a aussi travaillé en boulangerie-pâtisserie, sans jamais prendre ses week-ends.
Son frère Jérémy tenait le stand avec elle. Après son décès, elle a choisi de continuer le métier familial. Le café porte son nom en hommage.
Il y a deux ans et demi, elle a quitté les marchés pour ouvrir boutique, face à la mairie. Le local a abrité une épicerie-boucherie, puis un toiletteur. Elle parle d’un pari fait avec le maire. « Je me régale dans ma boutique », dit-elle aujourd’hui.
La torréfaction se fait sur place, chaque semaine. La machine a trente-sept ans et n’a rien d’automatique. Émilie Lapouyade surveille la cuisson à la couleur et à l’odeur. Son objectif : un grain ni brûlé ni brillant, pour éviter l’amertume.
Les grains arrivent par palettes, directement au magasin. Ils viennent du Pérou, du Guatemala, de Colombie, du Brésil et d’Éthiopie. Selon elle, le café des capsules a souvent été torréfié plus d’un an avant d’être bu.
Au comptoir, elle commence par des questions. Fort ou doux ? Fruité, chocolaté, poivré ? Face à un client indécis, elle propose son coup de cœur, le Café de Jérémy. C’est un assemblage de trois cafés d’Éthiopie de type moka : Jimma, Harrar et Sidamo.
La boutique vend aussi du thé, du chocolat et des boissons fraîches. On y trouve de l’épicerie fine locale, de la charcuterie et du vin. On peut y boire un café sur place, voire y manger un sandwich.
Depuis le 1er septembre, le Café Jérémy fait aussi dépôt de pain. Blasimon n’a plus de boulangerie. L’épicerie a fermé, le bar-restaurant aussi. Beaucoup d’habitants ignorent encore ce service, regrette la commerçante.
Émilie Lapouyade a profité du direct pour lancer un appel. La pharmacie de Blasimon cherche un repreneur avant la fin de l’année. Sa titulaire est décédée, et ses héritiers ne peuvent pas garder l’officine au-delà de deux ans. Le Quotidien du Pharmacien avait déjà signalé la menace de fermeture fin 2025.
L’officine n’est pas à créer : l’activité tourne, l’équipe est en place. Elle se trouve près de la place, de la mairie et de la maison de santé. « Avis aux jeunes pharmaciens », lance Émilie Lapouyade.
Pour l’avenir du bourg, elle souhaite le retour d’un bar, d’un restaurant et d’une épicerie. La responsabilité est partagée, selon elle. Les commerçants proposent, mais rien n’avance si les habitants ne poussent pas la porte.
Café Jérémy, place du village, face à la mairie, 33540 Blasimon. Torréfaction, épicerie fine, café sur place et dépôt de pain. L’émission complète est à réécouter dans le podcast de la première. À quelques minutes, le domaine départemental du lac de Blasimon était l’autre invité du jour.
Sources : entretien avec Émilie Lapouyade dans « Entre deux, ça cause », REM, 28 octobre 2026 ; Le Quotidien du Pharmacien, 2 décembre 2025.
Écrit par: Mathieu Romain
Blasimon café Café Jérémy commerce de proximité entre deux mers
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