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REM Radio, l’autre Gironde REM Radio
9 oct. 2026 · @Mathieu ROMAIN
Un bol ébréché. Un écouteur qu’on vous tend. Un canapé dans un escalier. Les trois éditos de La Matinale du vendredi 9 octobre 2026, réunis en un seul billet.
Six heures. Six degrés. Le soleil se lève à 8 h 08, et il n’est pas pressé.
Dans les cuisines, la même chorégraphie que mardi. Même bouilloire. Même cuillère. Même bol.
À Monségur, Sylvie boit dans le bol ébréché, toujours du côté où ça ne coupe pas. Sur la route de Langon, Kévin lance la même playlist et connaît l’ordre des morceaux par cœur. Au restaurant, d’autres ouvrent la carte pour la forme. Et prennent l’entrecôte.
On ne va pas se moquer. Le connu, ça tient chaud. Ça se trouve dans le noir, comme l’interrupteur de la cuisine.
Seulement, tout ce qu’on aime, un jour, on ne le connaissait pas.
Le café, au premier essai ? Amer. La chanson qui vous suit depuis vingt ans ? Une inconnue à la radio, un mardi. Votre meilleure amie ? Une voix dans les couloirs de la fac, la première année.
Le goût se fabrique. Il se fabrique dans un petit inconfort. Une minute. Un morceau. Une assiette. Juste une minute, et ensuite le bol a un voisin sur l’étagère.
Alors, une seule chose aujourd’hui, nouvelle, inédite, inconnue. Un fromage. Une rue. Un disque. Un collègue, même.
Les vraies découvertes, on ne les fait presque jamais seul.
Il y a toujours quelqu’un. La copine qui vous traîne à un concert où vous ne connaissez aucun nom. Le collègue qui pose sur la table un plat que personne ne sait prononcer. L’ado qui vous tend un écouteur et répète : attends, attends, ça arrive.
Et ça arrive.
Pas chaque fois. Assez souvent pour qu’on y retourne.
Il faut un peu de confiance. On dit oui à la personne d’abord. À la chose ensuite. Et la chose fait le reste.
Ce week-end, soyez cette personne-là pour quelqu’un. Celle qui dit « viens, tu verras ». Sans promesse. Avec le sourire. Avec la place de parking déjà repérée.
Avant le week-end, il reste aujourd’hui. Et dire oui à quelqu’un, parfois, ça se passe sans un mot.
À 8 h 08, le soleil s’est levé sur l’Entre-deux-Mers. Personne ne lui a fait signe. Tout le monde était prêt.
Deux voisins montent un canapé dans un escalier en colimaçon. Personne ne compte jusqu’à trois. Un regard. Un souffle. Ça monte.
Une cuisine de restaurant à midi pile. Six personnes. Deux mètres carrés. Zéro collision.
Place de la Victoire, à Bordeaux, le feu passe au vert. Des centaines de pas se croisent. Presque personne ne se cogne.
On s’accorde. Avec les épaules. Avec le menton. Avec la respiration. Sans un bruit.
On passe nos journées à parler, à expliquer, à relire nos messages avant de les envoyer. Tant mieux. Et sous les mots, on sait encore faire ça : respirer au même moment que l’autre.
Ouvrez l’œil aujourd’hui. Au bureau, à la caisse, devant le portail de l’école. Ces petits accords muets sont partout. Et ils tiennent. Sans qu’on s’explique.
Pierre Goumarre a fait des deux son métier. Chef de chœur, il emmène ses choristes vers des musiques qu’ils ne connaissaient pas, et il les dirige sans émettre un son. Il était l’invité de La Matinale du 9 octobre 2026, à réécouter dans la rubrique L’interview locale.
L’ensemble vocal Artis Voces, qu’il dirige, chante Résolument Jazz le samedi 10 octobre 2026 à 20 h 30 et le dimanche 11 octobre 2026 à 17 h 30, couloir des Bénédictins, à la mairie de La Réole.
Adishatz.
Écrit par: Mathieu Romain
© REM, radio associative de l'Entre-deux-Mers et du Sud-Gironde · 98.4 FM
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