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Vie locale · 16 octobre 2026
Le radar tourelle de Bagas fonctionne de nouveau depuis jeudi 15 octobre 2026, sur la D 670. La mairie compte sept dégradations en deux ans. Pour un appareil qui se contente de mesurer la vitesse, il suscite de vives passions.
Le radar est reparti jeudi 15 octobre, selon Actu.fr et Le Républicain Sud-Gironde. Un mois plus tôt, il avait été incendié en pleine nuit. La maire, Isabelle Barbé, a hérité du radar en même temps que de l’écharpe. Elle y voit un ras-le-bol général.
Bagas compte 283 habitants. Un village de cette taille espère rarement figurer à la une des sites d’actualité. Le radar s’en est chargé.
Tout commence en 2018. Le Mesta Fusion 2, fabriqué par Idemia, est homologué cette année-là. C’est le radar tourelle : une cabine posée sur un mât, à quatre mètres du sol, pour être plus difficile à atteindre.
L’idée répond à une série noire. Entre novembre 2018 et mars 2019, près d’un quart des radars fixes du pays est détruit, indique le ministère de l’Intérieur. Fin 2020, ceux qui avaient été détruits, hors autoroutes, sont remplacés par des tourelles. Le ministère les juge « plus difficilement vandalisables ».
Le ministère promettait plus difficile, pas impossible. À Bagas, la nuance a été testée sept fois.
France Bleu signalait dès le week-end des 16 et 17 mars 2024 le radar de Bagas hors service. Il venait d’être installé. Deux autres radars de l’Entre-deux-Mers, à Saint-Germain-de-Grave et à Caudrot, avaient subi le même sort en quatre jours.
En janvier 2026, le maire d’alors, Serge Issard, dressait le bilan sur Sud Radio : de la peinture, des roues de tracteur et, une fois, le radar couché dans le fossé. Il en comptait six. Le septième épisode est arrivé début septembre, par le feu.
Serge Issard le disait lui-même : c’est « peut-être le radar le plus détesté de France ». Il avait pourtant bataillé pour l’obtenir.
La D 670 est l’ancien grand axe nord-sud, du temps où l’autoroute n’existait pas, rappelait Serge Issard sur Sud Radio. Elle passe par Bagas, entre Sauveterre-de-Guyenne et La Réole. Le tronçon est limité à 70 km/h.
L’été, des cyclistes y passent, sur une vélo-route. D’après l’ancien maire, des gendarmes y verbalisaient régulièrement des conducteurs très au-dessus de la limite. Il réclamait donc un radar depuis des années.
On peut ne pas aimer les radars. Personne n’ouvre un avis de contravention en disant merci. Celui de Bagas surveille une route où des cyclistes croisent des voitures pressées.
Serge Issard plaide depuis plusieurs mois pour une caméra à l’intérieur du radar, afin de dissuader ceux qui voudraient s’en prendre à lui. Les Romains se demandaient déjà qui surveillerait les surveillants. Bagas a une proposition.
Lui ne se fait pas d’illusions. Il voit déjà venir la dixième dégradation.
Côté loi, Actu rappelle que dégrader un radar est passible de 15 000 euros d’amende. Pour la destruction d’un bien destiné à l’utilité publique, l’article 322-3 du Code pénal prévoit cinq ans de prison et 75 000 euros. À ce prix-là, un excès de vitesse paraît presque raisonnable.
Le radar est en service depuis le 15 octobre. La limite est de 70 km/h sur ce tronçon de la D 670, à Bagas.
Sources : Actu.fr / Le Républicain Sud-Gironde (15 octobre 2026), Sud Radio (9 janvier 2026), France Bleu (18 mars 2024), Assemblée nationale, question écrite n° 13620, question écrite n° 16919, Lyon Capitale, Insee.
Écrit par: Mathieu Romain
© REM, radio associative de l'Entre-deux-Mers et du Sud-Gironde · 98.4 FM
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