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Salon du livre Sauveterre : Christian Lavergne raconte Mathieu Romain
Salon du livre Sauveterre : Christian Lavergne raconte
Il y a dans la voix de Christian Lavergne cette retenue propre aux bâtisseurs discrets. Pas d’emphase, nulle posture : un débit tranquille, presque feutré, où affleure l’humilité de ceux qui préfèrent faire naître des ponts plutôt que d’occuper l’espace. Secrétaire des Amis de la Bastide, cheville ouvrière d’un Salon du livre qui fête sa dix-huitième édition, il porte la vie culturelle de Sauveterre-de-Guyenne avec une élégance coutumière, presque pudique.
Dans cette commune de deux mille âmes où l’on compte pourtant cinq auteurs, le livre n’est pas un monument poussiéreux. C’est une matière vivante. Lavergne en tisse les liens avec une grâce artisanale.
Mais sous le costume de l’archiviste bienveillant veille un esprit d’anticipation. Quand le romancier prend le pas sur l’organisateur, le ton se densifie. Face aux vertiges de l’Anthropocène, Christian Lavergne refuse le cynisme facile comme la naïveté aveugle. Il projette ses fictions à deux millénaires d’ici, choisissant l’utopie comme un acte de courage tranquille.
À Sauveterre, derrière les remparts médiévaux, cet homme ne garde pas le passé : il l’ensemence. Entre les mains de passeurs comme lui, la littérature redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un abri lucide, ouvert aux vents du large et aux promesses de demain.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
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Salon du livre Sauveterre : Christian Lavergne raconte Simon Bordelais
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