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Jean Lassalle : Le Verbe et la Terre Alain Pierre
Jean Lassalle : Le Verbe et la Terre
La voix de Jean Lassalle ne s’écoute pas, elle s’arpente. C’est un timbre de rocaille et de vent, une prosodie où l’accent béarnais cesse d’être un folklore pour redevenir une géographie. Chez lui, le mot est un acte de présence, une manière d’habiter le monde avec une verticalité pyrénéenne.
Avant d’être le « Berger de la République », Lassalle est un homme-pont. Son itinéraire relie les estives de Lourdios-Ichère aux sommets péruviens de Cusco, où il porta l’eau potable avec la même ferveur qu’il mène ses brebis. Cette dualité définit son archétype : un technicien de l’humain, capable de traduire les besoins de la terre en projets universels. Son regard, souvent perdu vers l’horizon, trahit une exigence de vérité que les salons parisiens n’ont jamais su apprivoiser.
Ayant délaissé l’hémicycle pour les planches, il ne s’est pas reconverti : il s’est accompli. Face à une « dictature molle » qu’il dénonce avec une mélancolie lucide, il utilise désormais le storytelling comme une arme de résistance. Sur scène, il ne récite pas, il convoque. Il fait revivre une France qu’il juge orpheline de ses maîtres et de ses mystères, transformant l’anecdote rurale en épopée métaphysique.
Qu’il tonne à l’Assemblée ou qu’il entonne un chant polyphonique, l’homme reste indivisible. Il est ce « phare allumé » dans une époque qu’il perçoit comme une nuit noire. Sa force réside dans cette capacité rare à rester commensal du peuple, gardant sous ses ongles la poussière du chemin. Jean Lassalle n’est pas un nostalgique ; il est le gardien d’une flamme qui refuse de s’éteindre : celle de l’homme libre, indissociable de sa terre et fidèle à son verbe.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
s.bordelais@remradio.fr
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Jean Lassalle : Le Verbe et la Terre Simon Bordelais
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