play_arrow
Gric de Prat : L'âme occitane entre souffle et mémoire Alain Pierre
Gric de Prat : L’âme occitane entre souffle et mémoire
Dans le silence feutré du studio, une vibration singulière s’installe. Ce n’est pas seulement de culture qu’il est question, mais d’un enracinement qui refuse la poussière des musées. Nathalie et Éric, visages du groupe Gric de Prat, ne racontent pas l’Occitanie : ils la font respirer.
L’air se déchire d’abord sous les traits d’esprit du fifre. Éric insuffle à l’instrument une joie nerveuse, celle des Mayades et des rigodons qui faisaient danser les places de villages. C’est une musique de l’instant, solaire et bondissante.
Puis, le ton change. La bouha, cornemuse landaise autrefois disparue, s’invite au creux de l’épaule. Le son devient tellurique, profond, presque charnel. Il y a dans ce bourdonnement ancestral quelque chose qui touche à l’universel ; un chant de terre et de bois qui, d’Aliénor d’Aquitaine aux steppes d’Anatolie, rappelle que le souffle n’a pas de frontières.
L’enjeu, au-delà de la virtuosité, reste la transmission. « Former des adultes qui resteront ici », confie Éric, c’est s’assurer que le fifre ne s’éteindra pas avec la prochaine rentrée scolaire. Gric de Prat et l’Escòla forment une arche : ils puisent dans le passé non pour s’y perdre, mais pour y trouver l’énergie de demain.
Lire ce portrait, c’est entendre une promesse : tant qu’il y aura un souffle pour la bouha et une voix pour le dire, l’âme occitane ne sera jamais un souvenir. Elle sera un présent, vibrant et obstiné.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
s.bordelais@remradio.fr
play_arrow
Gric de Prat : L’âme occitane entre souffle et mémoire Simon Bordelais
Podcast: Play in new window | Download
S'abonner à nos podcasts Apple Podcasts | RSS | More