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Disclosure Day : le nouveau Spielberg tend un miroir à notre humanité Laurent Goudet
Cinéma · Le film de la semaine — 16 juin 2026
Et si l’on vous apportait demain la preuve irréfutable que nous ne sommes pas seuls dans l’univers ? L’accepteriez-vous vraiment ? C’est la question vertigineuse que pose Disclosure Day, le nouveau film de Steven Spielberg, sur les écrans depuis le mercredi 10 juin.
Associer Spielberg aux extraterrestres, et c’est aussitôt une petite voix intérieure qui ressurgit : celle qui donne envie de ressortir le BMX du garage pour filer guetter, dans la nuit étoilée, la première symphonie de lumières. « Spielberg, reviens maison ! » — tant cette veine fantastique est devenue, au fil des décennies, sa signature dans le cœur du public. Mais attention au contresens : Disclosure Day n’est ni un film d’invasion, ni une grande aventure de science-fiction spectaculaire.
Spielberg se sert ici des extraterrestres comme d’un miroir. Le film semble nous rappeler ce que nous avons perdu en chemin, et qui fait pourtant de nous des êtres humains : l’empathie. Cette empathie mise de côté qui, paradoxalement, finit par nous rendre un peu étrangers à notre propre humanité.
Le point de départ est limpide : une révélation mondiale annonce l’existence d’une intelligence extraterrestre. Mais le vrai sujet n’est pas ce que l’on découvre — c’est ce que nous en faisons. Spielberg ne se contente pas de dénoncer les mensonges ; il nous oblige à interroger nos propres certitudes. Sommes-nous réellement prêts à changer d’avis quand de nouvelles vérités émergent ?
L’histoire de l’humanité est jalonnée de découvertes qui ont fait vaciller nos certitudes : la Terre délogée du centre de l’univers, l’évolution bousculant les croyances établies. À chaque fois, les mêmes réflexes : peur, résistance, division. Dans Disclosure Day, la vérité n’arrive pas comme une libération immédiate ; elle devient une épreuve. Certains l’accueillent, d’autres la redoutent ; pour les uns c’est une menace, pour les autres une réalité qu’il nous appartient d’affronter.
C’est là que le film prend toute sa force : ce ne sont pas les extraterrestres qui menacent de nous détruire, mais notre incapacité à nous écouter les uns les autres.
Visuellement, Spielberg retrouve ce sens du merveilleux qui irriguait déjà Rencontres du troisième type. Reste une question, à l’ère de l’intelligence artificielle : peut-on encore s’émerveiller devant des effets spéciaux ? À moins que la véritable rencontre ne se joue pas avec une autre forme de vie… mais avec nous-mêmes.
Disclosure Day est donc moins un film sur les extraterrestres qu’un film sur nous : une invitation à dépasser nos peurs, nos préjugés et nos certitudes pour élargir notre regard sur le monde. Comprendre l’autre — qu’il soit humain ou non — est peut-être le premier pas vers une forme de maturité collective. Et quand le générique tombe, une dernière question demeure : sommes-nous vraiment prêts à connaître la vérité ?
Le verdict tient en trois étoiles, pour un réalisateur qui nous avait habitués à en faire scintiller beaucoup plus dans le ciel étoilé. À découvrir au cinéma Grand Écran de Langon.
Retrouvez la chronique de Laurent Goudet, « Le film de la semaine » sur tous les mercredis et vendredi dans la matinale, à 7h20 sur REM 98.4 FM, en partenariat avec le cinéma Grand Écran de Langon.
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Mon film 5 Mathieu ROMAIN
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