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Grève des pompiers : après le mégafeu de Saumos, la colère remonte jusqu’au ministère
Actualité — Territoire — 13 août 2026
Les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels des SDIS sont en grève ce jeudi 13 août dans toute la France. Reçus à midi place Beauvau par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, les neuf syndicats portent trois revendications : le financement des services d’incendie et de secours, le recrutement de professionnels, et la santé au travail. En Gironde, le mégafeu de Saumos a servi de détonateur.
Le mouvement est couvert par un préavis national déposé le 7 août par une intersyndicale de neuf organisations représentatives. Il concerne l’ensemble des agents des services d’incendie et de secours : sapeurs-pompiers professionnels, mais aussi personnels administratifs, techniques et spécialisés, du sapeur au contrôleur général.
Les organisations réclament d’abord un financement pérenne des SDIS, à la hauteur de missions dont le nombre ne cesse d’augmenter. Elles demandent ensuite le recrutement statutaire de sapeurs-pompiers professionnels. Elles exigent enfin que la santé et la sécurité des agents deviennent une priorité nationale, en matière de prévention des risques comme de protection contre les fumées toxiques et les agressions. Dans leur préavis, les syndicats évoquent des difficultés majeures appelant des réponses immédiates de l’État, rapporte franceinfo. Un pompier de Dordogne, cité par Sud Ouest, résume le sentiment général : « c’est la goutte de trop ».
Une conférence de presse nationale est prévue dans la journée, et un rendez-vous syndical annoncé devant le ministère de l’Intérieur dans l’après-midi.
Le département sort d’un mois de juillet sans précédent. Parti le 22 juillet, l’incendie de Saumos a parcouru quarante-deux mille hectares, détruit deux cent quarante bâtiments et provoqué l’évacuation préventive de plus de deux cent vingt mille personnes, selon les points de situation de la préfecture de la Gironde. Le feu n’a été déclaré maîtrisé que le 5 août. La veille du départ de feu, le 21 juillet, deux sapeurs-pompiers du SDIS 33, affectés au centre de Saint-Médard-en-Jalles, mouraient en service commandé sur un feu de forêt.
Les revendications girondines ont leurs spécificités. Interrogé par ICI Gironde, Nicolas Agar, secrétaire général de Sud SDIS 33, estime que le modèle de financement départemental « arrive à bout » face à la hausse des interventions. Sébastien Dephot, président du syndicat autonome du SDIS 33, souligne de son côté que les groupes de prépositionnement feux de forêt, mis en place après les incendies de 2022, sont assurés sans augmentation du nombre de professionnels. La question des moyens aériens et celle du renouvellement des Canadair reviennent également dans les revendications locales.
Dans l’Entre-deux-Mers et le Sud-Gironde, l’effet de la grève sera peu visible. Les centres d’incendie et de secours de nos communes fonctionnent très majoritairement grâce à des sapeurs-pompiers volontaires, qui ne relèvent ni du code du travail ni du statut de la fonction publique et ne sont donc pas concernés par le droit de grève — l’article L. 723-8 du code de la sécurité intérieure est explicite. Le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France a d’ailleurs fait savoir qu’aucun retrait de disponibilité n’était demandé et que les volontaires assureraient gardes et astreintes ce jeudi.
À l’échelle du département, le SDIS 33 compte environ cinq mille neuf cents agents, dont plus de trois mille quatre cents volontaires, pour près de cent quarante mille interventions par an. Autrement dit : dans les territoires ruraux comme le nôtre, la continuité des secours tient d’abord à l’engagement de femmes et d’hommes qui ont un autre métier le reste du temps. C’est précisément ce déséquilibre que les syndicats mettent sur la table à Paris.
Entre un vignoble en crise, des massifs forestiers plus secs chaque été et des délais d’intervention qui s’allongent avec la distance, la question du modèle de secours n’est pas un débat parisien. Elle se pose ici, dans des communes où le premier engin qui part est conduit par un voisin. Ce qui se décide place Beauvau ce jeudi engage la manière dont on sera secouru demain, à Sauveterre comme à Saumos.
Sources : Sud Ouest, franceinfo, ICI Gironde, préfecture de la Gironde, CFDT SDIS, France 3 Nouvelle-Aquitaine, Légifrance. Le service minimum est assuré dans l’ensemble des casernes.
Écrit par: Mathieu Romain
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