play_arrow
Pierre Goumarre : le souffle du geste Mathieu Romain
Pierre Goumarre : le souffle du geste
Face au chœur, Pierre Goumarre ne produit pas le moindre son. C’est le paradoxe lumineux de son art : être muet pour faire chanter les autres. Ancien solitaire des tribunes d’orgue bordelaises, ce musicien aux curiosités éclectiques — du manche à balai des avions aux résonances des synthétiseurs — a délaissé la mécanique des tuyaux pour la chair vivante du collectif.
À la tête d’Artis Voces, ensemble d’une vingtaine de voix ancré à La Réole, il ne commande pas : il insuffle. Diriger n’est pour lui ni un exercice d’autorité ni une chorégraphie convenue, mais un acte d’empathie pure. D’un simple déliement du poignet, d’une suspension d’épaule ou d’un regard partagé, il accorde vingt-quatre respirations disparates en un même élan vital.
Pour clore sa saison, le chef s’amuse à déplacer les lignes. Avec le programme Résolument Jazz, il arrache ses choristes aux habitudes classiques pour les jeter dans le groove. Au menu : les fables espiègles du Swing de La Fontaine de Pierre-Gérard Verny et la Little Jazz Mass de Bob Chilcott, où la liturgie sacrée s’embrase d’harmonies bleues. Accompagné d’un trio acoustique — piano à queue, contrebasse, batterie —, l’ensemble prend ses quartiers sous les voûtes de pierre du Couloir des Bénédictins, au prieuré réolais.
Loin des cathédrales intimidantes, l’écrin se fait intime, presque complice. Car au fond, Pierre Goumarre ne cherche qu’une chose : ce frisson rare où l’effort technique s’évapore pour laisser place à la joie pure d’un tempo partagé.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
play_arrow
Pierre Goumarre : le souffle du geste Simon Bordelais
Podcast: Play in new window | Download
S'abonner à nos podcasts Apple Podcasts | RSS | More