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Agroécologie : Jacques réconcilie la terre Mathieu Romain
Agroécologie : Jacques réconcilie la terre
Il y a dans la voix de Jacques la mesure tranquille des hommes de terre. Pas d’emphase, pas d’injonction : cet ancien consultant informatique devenu agronome, puis paysan sur une micro-ferme, s’exprime avec la gravité douce de ceux qui ont longuement observé le ciel et l’argile. Désormais « joyeux retraité », il récuse d’un sourire le terme de conversion — trop dogmatique pour ce qui ne fut chez lui qu’un patient retour au réel.
Le paysage, rappelle-t-il, ne triche pas. Des plateaux calcaires dénudés jusqu’aux marais engorgés en contrebas, chaque goutte d’eau raconte une rupture d’équilibre. Face à la tentation de la discorde ou au spectre d’une « guerre de l’eau », Jacques oppose la force tranquille du terrain. Avec le collectif Katanton et le Pôle Territorial Sud-Gironde, dans le cadre du Festival Alimenterre, son ambition n’est pas d’instruire un procès, mais de décloisonner.
Dans ce terroir viticole où la question des pesticides bute encore sur de lourds silences, il choisit la nuance plutôt que le réquisitoire. Sans détour, il rappelle que les premières victimes de la chimie restent les exploitants eux-mêmes. En tendant la main aux viticulteurs de Viti 33 pour engager un dialogue public à hauteur d’homme, Jacques réaffirme l’évidence : la terre et l’eau sont des biens communs inaliénables.
Ni juge ni donneur de leçons, il incarne cette écologie de la réconciliation, convaincu qu’on ne soigne les sols qu’en réapprenant d’abord à se parler.
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Agroécologie : Jacques réconcilie la terre Simon Bordelais
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